La fashion victim Made in Honda !
Au milieu des années 80, en plein apogée du rallye raid Paris-Dakar, Honda surfe sur la vague sablée des 600 gros-monos en présentant son 600 XLM (M pour "Marathon") : une machine reprenant les codes du désert à l'instar des 600 Ténéré et autres 600 DR. Beh oui : il n'y a pas de raison pour que la firme de Tokyo ne prenne pas sa part du gâteau !
Le problème est que la pâtisserie a déjà été bien entamée par la concurrence : en voulant titiller le best-seller 600 Ténéré, sorti deux ans plus tôt, la XLM aura beaucoup de mal à trouver sa place ! Et ce malgré une volonté d'innovation technique : motorisation, admission, démarreur électrique...
Dakar, quand tu nous tiens !
Esthétiquement, la XLM adopte bien sûr un énorme bidon d'essence de près de 30 litres : symbole ultime de l'apprenti baroudeur des eighties. Puis on retrouve les incontournables : protèges poignées, casquette de phare...
A noter tout de même l'originalité des jantes OR du plus bel effet.
Côté couleurs, la moto reprend le bleu-blanc-rouge déjà décliné à outrance sur sa 750 XLV. Toutefois, la XLM s'avère plus sobre sur le rouge.
Motorisation :
La XLM embarque un moteur simple, voire rustique, et quasi indestructible : un monocylindre RFVC (Radial Four Valve Combustion), 4T et refroidi par air/huile.
Avec une cylindrée de 589 cm³ et développant environ 44 CV, le moulin reste dans les standards des 600 gros-monos de l'époque. Plutôt que la performance brute, Honda a privilégié la fiabilité, la facilité d'entretien et le couple : on n'en demande pas plus à une reine du désert !
Partie cycle :
Conforme à l'esprit Dakar, les suspensions offrent un grand débattement : la moto est haut perchée et peut parfois poser problème aux plus petits gabarits.
Un cadre double berceau à section carrée (tout comme le bras oscillant) vient renforcer la rigidité de l'ensemble.
Enfin, un superbe sabot vient préserver le bas moteur d'éventuelles projections caillouteuses ou de tout frottement inopiné.
Conclusion :
Lancée dans la foulée du block-buster 600 Ténéré (Yamaha), la XLM n'a pas remporté un franc succès malgré ses petits + technologiques.
Le prix de la machine y est sûrement pour quelque chose mais la Ténéré, commercialisée 2 ans plus tôt, avait déjà fait son trou. Pire, la même année que la XLM sort la 600 DR (Suzuki) ! Simplifiée à l'extrême et affichant un prix défiant toute concurrence, elle va rafler les dernières miettes du gâteau Paris-Dakar.