YAMAHA XTZ 750 Super Ténéré

1989 - 1997

Rusty James • 20 octobre 2026
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La petite histoire...

La Reine du désert s'offre une seconde jeunesse !

À la fin des années 80, le rallye-raid Paris-Dakar fait encore rêver la planète moto. C’est dans cette fureur de sable, de caillasse et d'aventure que naît une légende ultime : la Yamaha XTZ 750 Super Ténéré. De nos jours, alors que le marché du trail moderne se gave d'électronique, cette aventurière s’impose comme l’icône incontournable des amateurs de "Youngtimers" et de tout-terrain authentiques.

Une naissance gravée dans le sable :

Pour comprendre l'ADN de la Super Ténéré, il faut remonter à 1989 : à cette époque, Yamaha se doit de répondre au succès insolent de la Honda Africa Twin 650. A l'Est rien de nouveau : les constructeurs japonais n'arrêtent pas de se tirer la bourre !

La marque au diapason décide donc de frapper fort en transposant directement son savoir-faire du Dakar avec, pour base technique, la mythique YZE 750 de course.

Le cahier des charges est simple : créer un monstre capable d'avaler un continent sur route, puis de couper à travers les dunes sans chouiner. Petit Plus : le look, caractérisé par son double optique rond, son immense réservoir de 26 litres et ses coloris "Gauloises" ou "Chesterfield" de l'époque, pose immédiatement les bases du style grand raid.

Le cœur de la bête, un moteur en avance sur son temps :

Là où la concurrence mise sur des architectures en V, Yamaha innove avec un bicylindre en ligne calé à 360° & incliné vers l'avant. Ce bloc à 10 soupapes (5 par cylindre), refroidi par eau, développe l'insolente puissance de 70 CV !

A l'utilisation, le bourrin est une bénédiction pour l'époque : coupleux à bas régime, il s'éveille avec une hargne rageuse passé les 5 000 tr/min, le tout accompagné d'une sonorité rauque et envoûtante.

C'est ce même bloc, retravaillé, qui propulsera plus tard la TDM 850 et la TRX 850. Une preuve irréfutable de sa robustesse.

Au guidon, l’authenticité du tout-terrain mécanique :

Conduire une Super Ténéré aujourd’hui, c’est redécouvrir les sensations du pilotage "à l'ancienne". Pas d'assistance ni d'électronique à la noix : tout se gère au poignet droit et au feeling.

Sur route, la partie cycle fait merveille : son grand débattement de suspension (215 mm à l'AV) absorbe les imperfections du bitume, offrant un confort royal digne d'un bon vieux canapé !

Mais c'est une fois les roues confrontées aux chemins que la magie opère. Malgré un poids certain de 226 kg en ordre de marche et un centre de gravité placé assez haut, la partie cycle se montre d'une stabilité impériale. La XTZ encaisse les bosses, survole les pistes et pardonne beaucoup d'erreurs.

Un palmarès en Rallye-Raid :

On ne peut pas évoquer la Super Ténéré sans parler de son double maléfique de compétition : la Yamaha YZE 750/850 Ténéré. C’est sur cette base de bicylindre que la marque au diapason va écraser la concurrence au cours des années 90, portée par un pilote légendaire : Stéphane Peterhansel.

Après une mise au point rigoureuse, la machine devient vite une arme absolue sur les pistes africaines et son palmarès laisse rêveur :

  • 1991 : Peterhansel signe sa première victoire au Dakar, ouvrant une décennie de domination.
  • 1992 & 1993 : Nouveau doublé pour « Peter » qui survole la compétition.
  • 1995, 1997 & 1998 : 3 victoires supplémentaires qui font entrer le pilote et sa monture dans le livre des records.

Au total, le bloc bicylindre Yamaha aura offert à Stéphane Peterhansel 6 victoires au Dakar (auxquelles s'ajoute celle d'Edi Orioli en 1996 sur la même machine).

Posséder une XTZ 750 civile aujourd'hui, c'est un peu rouler avec l'ADN de ces monstres sacrés qui traçaient à plus de 180 km/h sur l'asphalte comme sur le sable du désert.

Les points à surveiller :

Si la fiabilité mécanique globale tient de la perfection (certains modèles affichent plus de 150 000 bornes d'origine), cette Super Ténéré a ses petits caprices d'époque :

  • La consommation : avec ses deux carburateurs Mikuni de 38 mm, la bête est plutôt gourmande (compte facilement 7 à 8 l/100 km).
  • L'usure des puits et aiguilles de carbus est un classique à surveiller.
  • Le freinage : Le double disque avant manque cruellement de mordant par rapport aux standards actuels. Beaucoup de propriétaires optent pour des durites aviation.
  • Le régulateur de tension : Un maillon faible électrique connu qui surchauffe facilement. Son remplacement par un modèle plus moderne est souvent obligatoire.

Crédits : presse publicitaire

Fiche technique

Moteur
Bicylindre en ligne 4T refroidissement liquide

Puissance max.
70 CV à 7 500 tr/min

Alésage & course
89,5 x 59,6 mm

Taux de compression
9,5 : 1

Carburateur(s)
2 X Mikuni ∅ 38 mm

Allumage
Electronique

Transmission
Chaîne

Embrayage
Multidisque à bain d'huile

Démarrage
Electrique

Cadre
Double berceau tubulaire acier

Suspension AV
Fourche télescopique

Suspension AR
Mono‑amortisseur

Pneumatiques
AV : 90/90-21 - AR : 140/80-17

Freins
AV : 2 disques ∅ 245 mm - AR : 1 disque ∅ 236 mm

Réservoir
26 L.

Poids
189kg

Vitesse max.
190km/h

Cylindrée
749cm3

- Fiabilité mécanique
- Confort

On n'aime pas...

- Freinage
- Consommation

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