La légende des années 70 à la française !
À la fin des sixties, l’industrie moto française est exsangue, balayée essentiellement par la déferlante nippone. C’est le moment que choisit la firme de Pantin, Motobécane, pour sortir de son chapeau une machine culottée : un bicylindre 2-temps rageur.
Retour sur l’épopée de la 125 Twin, une petite bombe frenchie qui voulait faire de l’ombre aux géants du pays du soleil levant...
Le pari fou de Pantin :
Nous sommes en 1969 : dans les rues, la jeunesse post yé-yé ne jure que par les Honda CB125 et les Yamaha AS1. Face à cette déferlante, la France ne produit plus que des cyclos utilitaires.
C'est dans ce contexte crépusculaire que Motobécane crée la surprise en présentant sa 125 Twin. L'ingénieur Éric Jaulmes a une idée de génie : coupler deux moteurs de vélomoteur D75 pour créer un bicylindre en ligne. La riposte française est en marche est-elle en marche ?
Effectivement, au premier regard, la bête en impose : avec un design typique des seventies, des chromes étincelants et un réservoir galbé, la petite française n'a pas à rougir face aux productions asiatiques.
Elle arbore même une architecture technique moderne pour l’époque : un cadre double berceau rigide où le bloc moteur est suspendu, libérant de l'espace pour une mécanique compacte.
Une âme de pistarde :
Sous le bidon, le bloc 2T est une pépite d'orfèvrerie : traités au chrome dur, les cylindres développent entre 12 et 16 CV selon les versions.
Mais oublie tout de suite la souplesse d'un 4T moderne : la Motobécane Twin est une machine à sensations. En dessous de 5 000 tr/min, il ne se passe pas grand-chose. En revanche, une fois passé ce cap, le moteur se réveille et catapulte la bécane jusqu'à plus de 8 000 tr/min dans un hurlement strident et un panache de fumée bleue.
Sur route, la Twin tutoie les 110 à 120 km/h en vitesse de pointe. La partie-cycle, made in France, s'avère impériale en courbe. Équipée progressivement de suspensions de qualité et, sur l'ultime version LT3, d’un frein à disque Grimeca à l'AV, la moto offre un comportement routier souvent supérieur à ses concurrentes japonaises.
Les caprices de la diva :
Piloter une Motobécane 125 ça se mérite ! La Twin a ses exigences et ses caprices : à commencer par son sélecteur de vitesses inversé situé... à droite ! La boîte à croisillons demande un coup de botte précis sous peine de se perdre entre de nombreux faux points morts.
L'autre grand débat dans les garages de l'époque concerne l'électricité : Motobécane innove en installant de série un allumage électronique Novi. Une prouesse technologique pour 1969, mais qui devient rapidement un cauchemar de fiabilité sur les premiers modèles, sensibles à l'humidité et à la chaleur. Il faudra attendre les versions LT1, LT2 puis la fameuse LT3 pour que la machine gagne enfin la maturité et la fiabilité qu'elle méritait.
Le verdict MotoBlues :
La Motobécane 125 Twin n'a pas réussi à endiguer la vague japonaise, la faute à un tarif souvent plus élevé et à une réputation de mécanique pointue.
Mais elle a fait vibrer toute une génération de motards à travers la célèbre "Coupe Motobécane", véritable vivier de champions.
Aujourd'hui, rouler en Twin, c'est s'offrir un morceau d'histoire, une machine au caractère entier qui demande autant de passion dans les mains que d'huile de coude dans le garage. Une authentique icône vintage qui ne laisse personne indifférent.
Crédits : presse publicitaire