Passer le permis moto est une épreuve bien plus complexe que le permis auto !
Et pour cause : outre la connaissance du code de la route, piloter une moto nécessite maîtrise, équilibre, sang froid & une attention permanente (voire méfiante !) vis à vis des autres usagers.
Car, sur une moto, on n'est pas protégé par un sarcophage de tôle, une ceinture de sécurité et de multiples airbags. On n'a pas non plus la stabilité d'un véhicule à 4 roues : la moindre glissade se transforme fréquemment en gamelle.
Le moindre accident de circulation peut ainsi devenir un véritable drame pour l'intégrité physique du motard car, celui-ci (en cas de contact ou de chute) expose directement son corps aux éléments.
D'où l'expression : une voiture se conduit, une moto se pilote !
La législation exige donc (de la part du pilote) une parfaite maîtrise de la machine, une appréhension accrue du comportement des autres usagers et une perception fine de l'environnement.
Alors, mission impossible ?
Certes la démarche est complexe car l'examen du permis moto comprend plusieurs épreuves théoriques et, surtout, pratiques. Mais ce n'est pas non plus du niveau de Call Of Duty : au delà de la littérature, l'examinateur va s'assurer que l'engin est maîtrisé par l'élève dans les conditions de circulation les plus courantes. Et c'est le minimum syndical...

Ce que l'on attend de l'apprenti(e) pilote :
L'équilibre : à moyenne ou grande vitesse, l'énergie cinétique libérée par la rotation des roues maintient la moto naturellement en équilibre. D'ailleurs, plus la moto est lourde et plus cet équilibre est stable. Il en est autrement à faible vitesse & lorsqu'on roule au "pas" (en 1ère & accélérateur relâché/régime moteur ralenti) : il n'y a dès lors quasiment plus d'énergie cinétique et, dans ce cas, le poids de la moto devient même un handicap.
C'est là qu'intervient la notion d'équilibre : maîtriser son engin à très faible vitesse lors de manœuvres d'évitement ou de contournement... et, bien évidemment sans poser les pieds au sol, hein !
La maîtrise : une moto c'est pas une bagnole. En général, pas d'assistance au freinage (ABS), pas de correcteur de trajectoire et seulement 2 roues au lieu de 4... une moto ne t'aide pas à la piloter : tu dois connaître précisément ses capacités, ses réactions, ses limites... tu dois aussi connaître tes propres limites. Comme le dit Clint Eastwood dans L'inspecteur Harry : "l'homme sage est celui qui connaît ses limites" !
Pour les novices, le manque de maîtrise est faussement occulté par la sensation de puissance et de sûreté qu'il éprouve au guidon de son engin : léger, peu encombrant et bien plus réactif qu'une vulgaire caisse à savon, il semble, pour le jeune padawan, être adapté à toutes les situations, à toutes les folies...
Or ceci est un leurre car, tôt ou tard, il y a toujours un imprévu... un véhicule qui pile soudainement devant toi, un abruti qui se rabat sur ta roue AV sans avoir regardé son rétro, un étourdi qui ouvre sa porte juste devant toi, une flaque d'huile ou de diesel dans un rond-point, une plaque de gravier non signalée dans un virage... les "jusqu'à" sont légion !
Autre notion capitale : la maîtrise de la trajectoire en courbe. En voiture, tu négocies les courbes avec ton volant. En 2 roues, une courbe est négociée uniquement par l'inclinaison du véhicule. Incliner un vélo de 3 kilos & qui roule à 30 km/h est relativement aisé : pencher une moto de 150/200 kilos dans une courbe abordée à 80/100 km/h, c'est une autre histoire !
On l'a vu précédemment : plus la moto est lourde & plus la vitesse est élevée, plus la force cinétique est importante. Résultat : la moto a tendance à aller tout droit. Cette notion de maîtrise courbe/vitesse/trajectoire est capitale.
L'acuité : en zone urbaine, le motard doit être plus attentif que n'importe qui à son propre comportement mais aussi à celui des autres usagers.Il doit aussi faire preuve d'anticipation car, notamment :
- Le trafic routier est essentiellement composé de véhicules 4 roues : ce qui rend la moto (de par son faible gabarit) moins "visible" que les autres.
- Une moto se glisse souvent entre deux files (circulation inter-files) : cette zone est parfois absente du champ visuel habituel des automobilistes.

Les examens & épreuves du permis moto :
L'examen théorique (ETM ou Code Moto) :
Il s'agit d'un examen portant sur le code de la route & incluant des questions spécifiques à la conduite moto. Le questionnaire comporte 40 questions : le candidat devra avoir un minimum de 35 bonnes réponses pour valider cette épreuve.
Cet examen peut être passé dès 17 ans, même s'il faut attendre d'avoir 18 ans pour passer le permis moto (A2).
Le Plateau technique (épreuve hors circulation) :
Bête noire de beaucoup de prétendants, c'est aussi l'épreuve capitale du passage du permis moto : une bécane ça se maîtrise !
Durant une dizaine de minutes & permettant seulement deux essais, le plateau permet à l'examinateur d'apprécier le degré de contrôle de la moto :
- Déplacement de la moto à pied & moteur arrêté.
- Maîtrise de la moto à allure réduite : régime du ralenti en 1ère, sans accéler et sans poser un pied à terre.
- Maîtrise de la moto à vive allure : freinage, contournement...
Une note est délivrée sur le meilleur des deux essais : allant de A (satisfaisant) à C (insuffisant), seule une note A ou B permet d'obtenir le Graal.
La circulation :
Plus longue (30 à 40 min.) et plus "pépère" que le plateau, l'épreuve met l'élève en conditions réelles de circulation.
Le candidat, seul sur sa moto & plongé dans la "jungle" urbaine, est relié par radio à l'examinateur qui le suit de près à bord d'une voiture. Ce dernier lui donne toutes les directives qu'il juge nécessaires pour apprécier :
- La connaissance du code de la route.
- La capacité de circulation en toute sécurité, de maîtrise du véhicule & de ses commandes.

Types de permis moto :
Il existe actuellement 3 types de permis :
A1 : 125cm3 max / 16 ans ou +
- permet de conduire une moto dont la cylindrée n’excède pas 125 cm3, d'une puissance inférieure ou égale à 11 kW et dont le rapport puissance/poids est inférieur à 0,1 kW par kilogramme.
- prérequis : avoir réussi l'épreuve théorique du code moto + justifier d'un minimum de 20H de leçons dont 8H sur piste et 12H sur route.
- Exception : les personnes titulaires du permis B (auto) souhaitant conduire un 2R motorisé de 50 à 125 cm3 peuvent obtenir le permis A1 en s'acquittant d'une formation accélérée de 7 heures.
A2 : toute cylindrée d'une puissance inférieure ou égale à 35kw / 18 ans ou +
- permet de conduire une moto d’une puissance n’excédant pas 35 kW et dont le rapport puissance/poids est inférieur à 0,2 kW/kg.
- prérequis : avoir réussi l'épreuve théorique du code moto + justifier d'un minimum de 20H de leçons dont 8H sur piste et 12H sur route.
A : toute cylindrée d'une puissance inférieure et au delà de 35kw / 20 ans ou +
- permet de conduire tout type de moto quelle que soit sa puissance.
- prérequis : être titulaire du permis A2 depuis plus de 2 ans + être détenteur d'une attestation de formation de 7 heures délivrée par une école de conduite.

Nos conseils pour passer l'examen :
Chez Motoblues on est tous des motards et, donc, on est tous passés par l'examen du permis et, tu sais quoi, on n'en est pas morts !
Allez zou, trève de littérature, voici ce que nos vieux motards expérimentés (et son permis en poche !) peuvent te dire :
1. Tu bûches à fond ton code de la route : tu n'auras droit qu'à 5 erreurs sur 40 questions, soit une moyenne de 17,5/20. Et oui, l'examen du code de la route c'est pas le BAC !
2. Si tu n'es pas habitué au 2R, tu t'entraînes comme tu peux : la formation de conduite en moto école c'est 20H de base qui coûtent déjà une blinde, au delà ça te coûte vite un bras ! Si tu n'as sous la main qu'une mob, ou même un vélo : beh tu fais avec pour bosser ton équilibre à vitesse la plus réduite possible.
3. Côté "plateau technique" : tu gardes toujours à l'esprit que le seul moyen d'éviter un obstacle, d'effectuer un contournement et définir une trajectoire... c'est d'invisibiliser l'obstacle : une fois l'obstacle visuellement identifié, tu l'effaces de ton esprit et tu te focalises uniquement sur la trajectoire que tu dois adopter. Fixer un obstacle que l'on cherche à éviter est le meilleur moyen de taper en plein dedans !
4. La veille de l'examen : tu fais le vide complet, tu te déconnectes : fais toi plaisir par exemple en revoyant ton film ou ta série préféré(e). Pour ma part je me suis refait ROCKY III et, le lendemain, je suis arrivé sur le Plateau avec l'oeil du tigre !!!
5. Le jour de l'examen : si tu es stressé, c'est normal et même très sain ! Mais ce stress ne doit pas être un frein qui te coupe les pattes. Au contraire, considère ce stress comme un moteur, transforme le en acuité : ton stress doit devenir un outil qui va te mener à ton objectif.
6. La peur de l'échec : le jour venu, tu bannis cette considération néfaste de ton esprit. Sans pour autant te dire "je vais réussir quoi qu'il advienne", dis toi juste "je vais faire de mon mieux et j'ai donc une sérieuse chance d'y arriver... et, si je n'y parviens pas, ce n'est pas la fin du monde !".
Voilà pour les recommandations de vieux grigous qui sont passés avant toi entre les griffes des examinateurs !
Et n'oublie jamais : l'obtention du permis moto est juste un bout de papier, une formalité légale. Ce n'est que l'expérience au guidon de ta belle, ainsi qu'un comportement intelligent & responsable, qui feront de toi un ou une vrai(e) motard(e).