La moto muscle !
Née de l'imagination d'Ed Burke au tout début des 80', cette improbable bécane body buildée a depuis fait chavirer bien des cœurs et représente, durant plus de 20 ans & encore aujourd'hui, une moto au design et à l'esprit inégalés !
Au début des années 80, la firme aux diapasons cherche des parts de marché aux USA sur le secteur des bécanes custom. Elle confie dès lors la charge à John Reed de dessiner LA moto ultime : il sortira de ses crayons une bête body-buildée, une bécane iconique qui restera au catalogue Yamaha pendant plus de 20 ans.
Dès 1984, la première VMAX est présentée en grandes pompes à LAS VEGAS : reprenant la base de la 1200 Venture, tout a cependant été relooké avec génie pour faire de la VMAX un monstre d'acier à la cosmétique unique et jamais égalée.
Si Mad Max avait eu une moto, cela aurait été sans nul doute une VMAX !
Quand on observe la moto on constate que c'est avant tout un gros V4 proéminent mis en valeur et autour duquel tous les autres éléments, de la partie cycle aux accessoires, sont greffés pour le magnifier : des paires de carbus à l'horizontale prolongés par de grosses écopes "fakes", en passant par le faux réservoir volontairement minimaliste... sur la VMAX, c'est le look qui a primé plutôt que la technologie ou l'aspect pratique.
La genèse en France...
Dès 1983, Jean-Claude Olivier découvre sur la 1200 VMAX lors d’un voyage au Japon. Il tombe littéralement sous le charme de cet engin iconoclaste.
Initialement Yamaha ne destine pas son bijou au marché européen. Qu'à cela ne tienne : JCO parvient tout de même à convaincre les dirigeants nippons de lui céder une dizaine d'exemplaires qu'il va rapatrier en France... en terme de souvenirs touristiques on n'a jamais fait mieux !
Dès 1986, JCO fait en sorte d'exhiber le VMAX dans un des écrins le plus prestigieux de la Riviera française : St Tropez. Et la mayonnaise prend immédiatement : une trentaine de commandes avant l'été !
Dès lors la popularité du phénomène VMAX va s'accroître et perdurer pendant près de 2 décennies.
Un colosse aux pieds d'argile ?
A voir un tel bestiau avec son gros V4 protubérant et son boudin AR à faire pâlir tous les Massey Ferguson, on se dit que la bête ne fait pas dans la dentelle : on l'imagine increvable, inoxydable, aussi fiable et robuste que char russe !
Et c'est presque vrai. Presque... car le monstre a 3 talons d'Achille :
Son vernis : et il y en a un peu partout ! Sur les jantes, le moteur, les caches-culbus, les écopes... un vernis, à vrai dire, de piètre facture qui, avec les années, part littéralement en lambeaux. L'effet est catastrophique pour tous les alus qui, dépourvus de leur maigre couche protectrice, finissent par se piquer.
Ses carbus : derrière son aspect body-buildé, la VMAX cache un cœur de midinette, sensible et capricieux. Ses carburateurs adoptent une conception qui les rend particulièrement fragiles : disposition horizontale (imposant une dépose de la rampe pour la plupart des interventions notamment sur la cuve & les gicleurs), boisseaux/membranes, têtes de puits de pointeaux serties... ajoutez à cela un système alambiqué de porte-gicleur où conduits & gicleurs de ralenti offrent un passage à peine plus large qu'un cheveu... le tout étant fixé par de piètres vis cruciformes dont la moitié sont susceptibles de foirer au premier démontage !
Son train avant : pour une bête de près de 300 kgs & délivrant une patate de 145CV (version US), la partie-cycle AV apparaît presque famélique ! Et cela se confirme à l'usage : avec une fourche de Ø 40 & des freins à simple piston, on a parfois la sensation qu'on ne dompte pas la moto mais qu'on la subit.
Qu'importe, la VMAX est une bécane très imparfaite, avec ses défauts & ses caprices, mais elle est avant tout unique en son genre : intemporelle, inégalée... c'est une légende et, comme toutes les légendes, on prend le package complet avec humilité.